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D'abord ça frappe et ça sonne. On ouvre en se disant que c'est bon d'avoir de la visite. C'est les employés du jazz. Ils viennent relever le tempo. La flamme est bleue, blues. Plutôt du genre primajazz. C'est de la chaleur pour les oreilles. Du jazz à effet de serre. Non pas du jazz, du gaz, de la fumée de gitane espagnole. Ça s'arrête à des frontières invisibles. Et ça continue d'un continent à l'autre. C'est latent et latin. C'est surprenant et confortable. Le piano ne brûle pas toutes ses notes à la fois. La contrebasse joue sur la corde sensible. La batterie en garde sous le pied. La guitare en cache dans le manche.
Et puis ça hume. C'est des vapeurs. Et de temps à autre ça explose et les odeurs sont plus pimentées. Et le voyage reprend de plus belle. Enfin en bout de pistes, accoudé au compteur, on prend un dernier air, pour la route. On ferme le jazz, le bleu, le latin, le latent. Jusqu'à la prochaine visite. Et comme un bon vin reste en bouche, nos oreilles vont cuver le plaisir d'avoir été si bien remplies. (Rémo Gary)
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